Le désir d’enfant ne se mesure pas forcément aisément. La convergence des données de diverses études sur le sujet montre qu’il se maintient, car la très grande majorité des jeunes gens déclarent vouloir des enfants. Mais il se réduit significativement, accompagnant la baisse de la natalité observée en France depuis 2010 et annonçant des niveaux de fécondité qui ne devraient pas augmenter dans les années à venir.
Traiter des ressorts du désir d’enfant constitue un thème inépuisable d’interrogations et d’investigations. Sonder les âmes et les quidams sur leurs représentations et aspirations en la matière est une activité intellectuelle ancienne. Du côté des travaux démographiques, l’enquête sur « l’état de l’opinion publique au sujet de la dénatalité », menée par l’ancêtre de l’Institut national d’études démographiques (INED) en 1942, est considérée comme la première vaste étude menée par sondage en France [1].
La baisse de la natalité ne s’explique pas de façon univoque
À l’échelle de l’histoire contemporaine du monde, la fécondité a diminué à mesure de l’industrialisation et de l’urbanisation, mais aussi à mesure de l’accès des femmes à l’éducation et à la contraception. La révolution contraceptive, autorisant une fécondité programmée, fait que les femmes peuvent maîtriser la conception quand c’était, auparavant, une prérogative masculine.
Au titre des causes de l’abaissement récent de la natalité française, chacun met en avant son observation, allant de la morosité de la libido à la mutation des mœurs, en passant par des appréciations économiques. Les variables explicatives possibles sont légion : défiance endémique et morosité dépressive, individualisme et hédonisme de jeunes générations, éco-anxiété et malaise global de ces mêmes jeunes générations, difficultés d’accès à l’emploi stable et au logement de qualité, effet retardé de la crise économique et financière de 2008, suites de la Covid et situation géopolitique anxiogène, apathie de la sexualité physique et expansion de



