Revue

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Inscrire l’action publique dans le temps long

Étude annuelle 2025

Analyse de rapport

La livraison 2025 de l’étude annuelle du Conseil d’État s’intitule « Inscrire l’action publique dans le temps long ». Elle récuse d’emblée la notion d’État stratège, source de confusion davantage que véritable guide d’action. Si l’État a besoin d’une vision stratégique, il ne saurait, à lui seul, appréhender et agir sur les enjeux du temps long. Face à la complexité croissante des défis contemporains, il doit travailler en synergie avec les autres institutions publiques et les acteurs privés, articuler les différentes échelles d’action et s’inscrire dans des réseaux stratégiques partagés.

Inscrire l’action publique dans le temps long. Étude annuelle 2025, Paris : Conseil d’État, septembre 2025, 335 p.

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La « tragédie des horizons », formule que l’on doit à Mark Carney, Premier ministre du Canada, traduit la difficulté pour l’État de prendre en compte les enjeux de long terme qui dépassent les horizons d’action des décideurs publics. Or la décision publique doit assumer des choix démocratiques clairs face aux incertitudes, aux risques et aux exigences d’adaptation aux enjeux de long terme. L’État, historiquement construit pour assurer la continuité et la permanence de l’action collective, voit aujourd’hui sa capacité de projection fragilisée par la succession de crises, le règne du temps court et le « réflexe normatif » immédiat. Cette instabilité produit un sentiment d’impuissance publique, source majeure de la défiance des citoyens envers les institutions politiques.

L’État détient par construction les compétences pour penser le temps long, mais souffre d’un déficit de structuration institutionnelle permettant de relier la réflexion prospective aux processus décisionnels et à la coordin