Et si le XXIe siècle voyait l’avènement de nouveaux empires, numériques, sortes de chimères privées et publiques dont la puissance reposerait sur le contrôle de leviers économiques, politiques et surtout, technologiques ? Quelles nouvelles dépendances émergent à mesure que l’usage du numérique devient de plus en plus prégnant dans les sociétés ? Quelles sont les implications géopolitiques, mais aussi sociales, environnementales, territoriales de ces dynamiques pour nos sociétés ?
Dans son ouvrage Géopolitique du numérique, Ophélie Coelho, chercheuse indépendante spécialiste des enjeux relatifs à la géopolitique du numérique et professionnelle du secteur, propose d’examiner les enjeux géopolitiques propres au numérique et ce faisant, de souligner l’importance des choix stratégiques en la matière pour « le devenir des sociétés humaines » (p. 13).
Dans un premier temps, à travers le récit de l’émergence et de la croissance des grandes multinationales du numérique, l’auteur nous invite à réfléchir aux relations de dépendance engendrées et entretenues par les producteurs de technologies. Désormais transnationales, les entreprises du numérique endossent l’habit d’acteur des relations internationales et s’inscrivent dans des logiques de « soft power [1] ». Elles adoptent des « stratégies d’expansion technologique



