La région Arctique, faiblement peuplée mais pourvue de ressources importantes, est fortement touchée par les turbulences de la géopolitique mondiale, aggravées par la guerre en Ukraine. Ce livre a pour objectifs de mettre au jour les caractéristiques de cette région stratégique, mais considérée autrefois comme marginale, et de présenter quelques hypothèses sur son avenir.
Dans son introduction, l’autrice souligne qu’il y a plusieurs définitions de l’Arctique, « un objet mouvant ». La plus classique est géographique : elle comprend les territoires et les mers au-delà du cercle polaire (la latitude de 66°33’ nord). D’autres sont plus climatiques : sa limite continentale sud coïncide avec celle de la toundra (absence d’arbres), celle sur l’océan correspond à la position moyenne annuelle du front de la banquise. Politiquement, huit États ont des territoires dans l’Arctique, abritant quatre millions d’habitants dont 500 000 autochtones : les quatre pays scandinaves (Norvège, Suède, Finlande et Danemark, celui-ci avec le Groenland), l’Islande, la Russie, les États-Unis avec l’Alaska, le Canada.
Pour schématiser, on pourrait considérer l’Arctique comme un océan entouré de terres et l’Antarctique comme un territoire (non peuplé) entouré d’océans… La géopolitique de l’Arctique, selon Camille Escudé, a toujours été floue : la coopération entre les États dans le cadre du Conseil de l’Arctique, pour la gestion de ressources comme celles de la pêche, a certes créé de l’interdépendance, mais les populations autochtones, les Inuits notamment, revendiquent la prise en considérati



