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Exposition « Le monde selon l’IA »

Dans le cadre d’une réflexion en cours sur les relations entre l’art et l’intelligence artificielle (IA), j’ai eu le plaisir de découvrir l’exposition « Le monde selon l’IA » qui se tient au musée du Jeu de paume, à Paris, jusqu’au 21 septembre 2025 (commissaire général : Antonio Somaini). Celle-ci propose une sélection d’œuvres créées entre 2016 et aujourd’hui, qui posent la question de l’expérience du monde « selon l’IA » ou « au prisme de l’IA ».

Ce qui m’a beaucoup plu compte tenu du fait que je m’intéresse au temps long, ce sont ces « capsules temporelles », conçues comme des cabinets de curiosités, qui relient le présent au passé, inscrivant les transformations en cours dans une perspective historique plus large. Au fil de mes étapes antérieures dans d’autres musées pour alimenter cette réflexion sur art et IA, j’ai beaucoup vu :

  • la suite des questions d’interactions entre l’œuvre et le visiteur : par exemple, le visiteur se place devant l’œuvre et l’IA lui dit ce qu’il fait dans la vie ;
  • des œuvres fabriquées par une IA : par exemple, des photos de plantes qui n’existent pas mais fabriquées par l’IA ;
  • des expériences cyberpunks qui réinventent un monde basé sur l’IA (souvent en format vidéo).

Joan Fontcuberta, Typha volans, série eHerbarium, 2024-2025 ; © Joan Fontcuberta / ADAGP, Paris 2025, image générée par Stable Diffusion, présentée à l’exposition « Le monde selon l’IA »

Voici ce que l’exposition « Le monde selon l’IA » est venue ajouter à mes réflexions :

  • IA et cartographie du monde : j’ai vraiment saisi combien les cartes et la géographie était modifiées par l’IA, avec l’enjeu de l’indexation des espaces où nous vivons, mais aussi la production de carte mentale par l’IA qui vient organiser pour nous notre cartographie intérieure…
  • IA et contrefactuel : l’IA permet de revoir le passé de l’art — par exemple, reconstituer une amphore dont on n’a qu’un petit bout. Mais en faisant cela, l’IA crée souvent des objets historiques qui n’ont en fait jamais véritablement existé, ce qui engendre des tas de conséquences politiques, épistémologiques, etc. ;
  • l’IA mise dans le contexte de l’art conceptuel : j’ai aimé le lien qui est fait dans cette exposition avec le « performative narrative » ou les œuvres dites à protocole ; c’est sans doute l’un de mes passages préférés ! Suite à l’exposition, j’ai relu l’Anthologie de l’OuLiPo (Paris : Gallimard) avec un regard différent — en me demandant si les auteurs ne s’étaient pas donnés « comme des prompts » pour écrire.

Alors merci aux artistes !

#Art #Cartographie #Créativité #Intelligence artificielle