Maurizio Ferraris est un philosophe qui se réclame du mouvement du « nouveau réalisme [1] » et qui a une vision relativement réservée, voire pessimiste, de l’impact du Web. Dans son ouvrage Mobilisation totale [2], il part du constat que c’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que cette dernière dispose d’outils mobiles qui offrent à leur détenteur un accès à un nombre quasi infini de documents et à un réseau de communications instantanées. Il appelle ces outils des ARMI, c’est-à-dire des appareils de régistration et de mobilisation d’intentionnalité (téléphone portable, ordinateur connecté ou tablette).
Ces ARMI sont des dispositifs mobiles qui conduisent leurs détenteurs à être mobilisés en permanence. Ils tirent leur pouvoir de leur capacité à être toujours auprès des individus et des possibilités qu’ils offrent pour archiver et accéder à l’information. Ces outils, qui accroissent les capacités humaines, créent de nouvelles servitudes.
Selon l’auteur, le Web, avant d



