Du discours choc de Judith Godrèche sur les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes dans le monde du cinéma lors de la dernière cérémonie des Césars, jusqu’à l’introduction historique de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution, l’actualité de ces dernières semaines témoigne des paradoxes auxquels se confrontent aujourd’hui les luttes féministes en France. C’est aussi ce que révèle le sixième rapport annuel sur l’état du sexisme en France publié le 22 janvier 2024 par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE). Alors même que le gouvernement sanctuarisait pour la première fois une journée entière dédiée à la lutte contre le sexisme le 25 janvier 2024, cette étude, adossée à une enquête nationale, établit plusieurs constats accablants. En effet, 92 % de la population interrogée considèrent aujourd’hui que les femmes ne sont pas traitées de la même manière que les hommes dans la société.
Ce chiffre prouve, certes, une sensibilité croissante à ces enjeux, mais surtout une réelle inertie des systèmes politiques, économiques et sociaux. Pire encore, à rebours de toutes les luttes féministes du siècle écoulé, les st



