À l’avenir, des systèmes automatisés pourraient se diffuser dans des capacités militaires offensives ou défensives, valorisant la prise de décision rapide (défense antiaérienne, antimissile, etc.) ou bien permettant des opérations risquées. Et si de nombreux États et personnels militaires affirment leur volonté de conserver un « humain dans la boucle décisionnelle », le scénario d’un emballement, suivi d’une diffusion rapide à l’échelle mondiale par ces systèmes d’armes infatigables, ultrarapides et qui pourront vraisemblablement, dans le futur, surclasser tous les niveaux d’intelligence humaine est désormais de l’ordre du plausible.
Cet ouvrage lève le voile sur la puissance et les dilemmes éthiques de ces systèmes d’armes, qui sont au cœur de la réflexion de Laure de Roucy-Rochegonde, chercheuse à l’Institut français des relations internationales. En outre, il donne à voir les coulisses d’un processus de négociations diplomatiques visant à réguler une technologie émergente.
Une autonomie relative et des résultats déjà terrifiants
Dans le monde des acronymes militaires, le terme SALA (pour systèmes armés létaux autonomes) renvoie au robot tueur, lequel reste un mythe car les « systèmes d’armes pleinement autonomes » n’existent pas encore et « ne seront probablement pas développés dans un futur proche », d’après l’autrice. Le monde assiste plutôt à un essor d’une génération de systèmes d’armes intégrant



