Les élections américaines approchent et tous les yeux sont rivés sur cette échéance, comme si l’avenir du monde en dépendait. Pourtant, en ce début de XXIe siècle, le leadership des États-Unis semble remis en question par un nouveau contexte : la croissance de la Chine, qualifiée aujourd’hui de « défi structurant » ; l’apparition de deux conflits, l’Ukraine et le Moyen-Orient, aux enjeux internationaux ; l’émergence d’une voix contestataire, portée par le Sud global, qui dénonce l’impérialisme occidental ; enfin, en interne, la dégradation du modèle démocratique américain, qui affaiblit un soft power, autrefois si influent.
Dès lors, les États-Unis restent-ils la première puissance du monde ? Ont-ils encore les moyens d’assurer un rôle de premier plan sur la scène internationale ? En ont-ils seulement la volonté ? Dans cet ouvrage, Laurence Nardon, directrice du programme Amériques à l’Institut français des relations internationales (IFRI), retrace la genèse de la géopolitique des États-Unis depuis leur indépendance en 1776, lesquels n’ont cessé d’étendre leur influence et parfois leur domination, sur le territoire nord-américain tout d’abord, puis sur le monde entier. Ensuite elle passe en revue les différents instruments de la puissance américaine pour en mesurer la pérennité au regard des grands changements géopolitiques, économiques, technologiques, militaires et environnementaux. Si l’oncle Sam dispose d’atouts incontestables, saura-t-il les exploiter pour conserver la première place ?
L’autrice distingue trois périodes. La première court du XIXe siècle jusqu’au



