Les comportements alimentaires des individus sont influencés par de nombreux paramètres, qui les amènent à faire des arbitrages entre leurs aspirations et leurs contraintes. Ainsi, les contraintes budgétaires peuvent se cumuler avec des contraintes de temps, des normes sociales, un manque d’information sur les produits, etc. Cette question des arbitrages devient particulièrement cruciale en matière d’alimentation responsable ou durable. Cette dernière peut être définie de manière très large comme les pratiques visant à améliorer l’impact sanitaire de l’alimentation, tout en réduisant son impact sur l’environnement et le bien-être animal. Ce concept peut donc regrouper des pratiques très diverses, qui ne se cumulent pas nécessairement : aliments labellisés (labels publics ou privés), issus de l’agriculture biologique et / ou ceux bénéficiant d’un label d’origine contrôlée, substituts végétaux, réduction de la consommation de viande, de produits transformés, de produits hors saison et / ou importés, attention portée au gaspillage, aux emballages superflus, etc.
La montée des discours en lien avec l’alimentation durable pose ainsi deux problématiques majeures, qui sont au cœur de cette analyse prospective :
• Dans quelle mesure les aspirations croissantes des individus en faveur d’une alimentation plus durable se traduisent-elles dans leurs comportements ? Comment ont évolué les arbitrages des ménages au cours des dernières années, et comment pourraient-ils évoluer à l’avenir ?
• Au sein de ce concept très global (voire fourre-tout) d’alimentation durable, quelle est l’ampleur des différentes pratiques ? Quels sont leurs moteurs et quelles sont les perspectives d’évolution futures ?
Ces deux questions sont abordées sous forme de panorama international rapide (première partie), puis de manière plus exhaustive en France (deuxième partie). Un focus est proposé pour trois pratiques : l’alimentation biologique, la consommation de viande et le gaspillage alimentaire. La dernière partie de cette anlayse propose trois scénarios non exhaustifs sur l’évolution possible de la place de l’alimentation durable dans le régime alimentaire des Français à l’horizon 2040.



