Consommation d’énergie, émissions carbone, artificialisation, production de déchets… : le logement ne peut faire l’impasse sur la transition écologique, et ce d’autant plus qu’il sera également en première ligne pour gérer les impacts du changement climatique. Pour autant, ce secteur dont les rythmes d’évolution sont traditionnellement lents sera-t-il en capacité de faire face aux défis ? Ceux-ci sont nombreux : aux enjeux de performance énergétique, qui ont structuré la politique environnementale à destination du secteur depuis les chocs pétroliers, s’ajoutent désormais une accélération des objectifs de réduction des émissions carbone et des impératifs de sobriété.
Dans une première partie, nous analysons les évolutions récentes, en France, de la politique énergie-climat appliquée au logement, et les défis associés à des besoins de rénovation qui grandissent et se complexifient au fur et à mesure que les effets du changement climatique se font sentir. Les deux parties suivantes se concentrent sur deux enjeux qui ont émergé au tournant des années 2020 : d’une part, l’apparition sur la scène publique des impératifs de sobriété et de flexibilité énergétiques pendant l’hiver 2022-2023, et d’autre part, l’émergence d’une nécessité de sobriété foncière et des débats sur la sobriété immobilière, qui viennent questionner en profondeur les modèles économiques du secteur au regard des impératifs écologiques. En conclusion, nous esquissons des scénarios d’évolution possible, qui explorent les incertitudes sur la capacité à trouver les ressources (humaines et financières) nécessaires à la transition, mais aussi sur celle à gérer les limites environnementales et les inégalités d’accès au logement.



