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Protection des cultures et agriculture écologiquement intensive

Connaissez-vous une armée qui gagne une guerre (militairement, économiquement, socialement) sans se renseigner sur la position, les capacités et le nombre de ses ennemis et sans trop se soucier des dommages collatéraux ? C’est à peu de choses près la situation des champs d’un agriculteur en guerre contre les ravageurs et maladies des cultures.

Voici un exemple extrême mais plutôt révélateur : plus de 95 % des cultures de maïs d’Europe (35 % de la production européenne de maïs vient d’Europe de l’Est) sont traitées chaque année avec des fongicides, pourtant les maladies comme la fusariose (apparition de champignons microscopiques sur les épis) continuent à se développer [1]. La fusariose des épis engendre des pertes de rendement, et produit surtout des mycotoxines dans les grains. Selon les molécules produites, la consommation de grains très contaminés peut provoquer des troubles digestifs, avoir des effets cancérigènes, ou perturber le système immunitaire et la reproduction (chez les animaux d’élevage