« Le lecteur trouvera dans cette brochure publiée par la Documentation Française l’essentiel des travaux du « Groupe 1985 », constitué par le Premier Ministre a la fin de 1962 afin « d’étudier, sous l’angle des faits porteurs d’avenir ce qu’il serait utile de connaître dès à présent de la France de 1985 pour éclairer les orientations générales du Ve Plan ».
L’étude prospective demandée au Groupe de Travail lui a permis d’extraire du champ des possibles quelques figures de l’avenir intelligibles pour l’esprit et utiles pour l’action.
Ces figures de l’avenir destinées a guider nos décisions sont un composé de probable et de souhaitable. Il s’agit moins en effet de deviner hasardeusement le premier, que de préparer efficacement le second : un souhaitable qui apparaisse plausible à l’esprit prospectif et qui devienne probable pour une société attachée a sa réalisation.
Ces traits caractéristiques de l’attitude humaine envers le futur doivent rester présents à l’esprit du lecteur de cet ouvrage.
Il ne s’agissait pas de prophétiser, moins encore de construire une perspective ordonnée, de tracer une sorte de carte géographique des routes vers le futur, l’avenir ne se dépouillant d’une incertitude essentielle qu’au moment d’entrer dans le passé.
A côté des tendances « lourdes » qui caractérisent, par exemple, l’accroissement de la population, – et encore toutes les conséquences du droit d’établissement prévu par le Traité de Rome sont-elles aujourd’hui mal prévisibles -, il existe des « faits porteurs d’avenir », qui peuvent infléchir plus ou moins brusquement l’évolution antérieure, et dont la recherche faisait expressément partie de la mission dévolue au Groupe.
Ce qui a été dit plus haut explique d’autre part l’importance donnée par le document aux orientations volontaires de notre développement. Certes, le Groupe a estimé qu’il ne lui appartenait pas de se prononcer sur des options nationales majeures relevant du pays tout entier, qu’il s’agisse de la politique extérieure, de la puissance militaire, ou des préférences de structures. Il a mis l’accent, en revanche, sur la nécessité de préparer une économie et une société nouvelles, où les notions de dimension, de mobilité, de promotion, d’esthétique, de participation, etc… prendront une importance beaucoup plus considérable que dans le passé.
Le lecteur trouvera dans le document issu des travaux du Groupe un grand nombre d’observations, de réflexions et de suggestions qui, malgré la nouveauté de la tentative, projettent sur notre avenir autant de lumière qu’il était raisonnable de l’attendre. Il a été jugé possible, en tous cas, d’en tirer la substance d’un chapitre du Rapport d’orientation du Ve Plan. Dans cet esprit, la prospective et la planification ont été, et continueront sans doute, à aller à la rencontre l’une de l’autre, la première en concentrant son attention dans le présent, la seconde en dressant, à l’aide et au-delà de ses analyses a moyen terme, une sorte de questionnaire sur l’avenir de l’homme, du progrès technique, de la croissance économique, des fins du développement, du concert entre les nations. »
Réflexions pour 1985



