Dans les années 1960 et 1970, les sociétés développées ont été fortement remuées par la vague de contestation de la jeunesse. La contre-culture qui sous-tendait ce mouvement a semblé disparaître progressivement à la fin des années 1970, la contestation déclinant, confrontée aux réalités de la crise économique provoquée par les chocs pétroliers, au retour de l’idéologie libérale et à la nécessité pour cette jeunesse de s’intégrer dans le système économique et social qu’elle avait combattu. Pourtant, depuis cinq à dix ans, nombre des idéaux de la contre-culture des années 1960 retrouvent de la vigueur, et des revendications anciennes semblent aboutir dans certains pays, par exemple en ce qui concerne le mariage homosexuel ou la dépénalisation de la drogue. De plus, des tendances nouvelles se faisant jour en économie apparaissent comme le prolongement des principales idées par la contre-culture : importance de l’expérience personnelle, autonomie de la production, fonctionnement communautaire, notamment. Ce regain de vitalité d’une culture qui semblait marginalisée depuis longtemps conduit à s’interroger sur des futurs possibles des sociétés développées, dans un contexte où la crise économique dévalorise en même temps les idées libérales et les idées social-démocrates.



