Après l’épopée de la course à la Lune, dans les années 1960, les agences spatiales ont eu l’impression d’être oubliées par leurs gouvernements. Quoique les budgets spatiaux soient en réalité restés considérables, aucun « programme qui fait rêver » n’a plus été adopté depuis 40 ans. En février 2010, le président Obama a même annoncé l’annulation du programme Constellation (décidé en 2004 par George W. Bush) qui prévoyait l’envoi d’astronautes sur la Lune pour des missions de longue durée. Seule la Chine, pour combler son retard, s’est dotée de plans ambitieux (nous y reviendrons).
Pendant ce long « hiver spatial » – par référence au semblable hiver connu par l’intelligence artificielle -, l’argent public a essentiellement servi à consolider la maîtrise de l’espace proche (observation de la Terre et du climat, télécommunications, géolocalisation, télescope Hubble, station spatiale internationale, navette spatiale) et à envoyer des sondes robotisées vers l’espace lointain, qui font certes considérablement avancer la science, mais donnent au grand public l’impression que l’on tourne en rond.
Or voici qu’un vent nouveau se lève au tournant du siècle, avec l’



