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La marchandisation du sommeil

Quand le capitalisme investit nos nuits

Femme endormie et graphique illustrant l'augmentation du taux de mélatonine pendant la nuit
en

Cet article fait partie de la revue Futuribles n° 473, juillet-août 2026

L’intérêt porté au sommeil est assez récent dans les sociétés modernes. Comme l’indique le psychiatre et chercheur Jean-Arthur Micoulaud, le monde de la médecine n’a commencé à s’y intéresser qu’à partir des années 1950-1960, et a découvert que le sommeil participe à la régulation de l’organisme dans son entièreté et contribue à la qualité de la santé mentale : « Avoir un bon sommeil, c’est avoir des fonctions cognitives (attention, vigilance, mémoire, planification, etc.) et émotionnelles (régulation du stress, ajustement aux situations vécues) qui sont optimales. » Or, la qualité du sommeil tend à se détériorer : en France, par exemple, le temps de sommeil moyen baisse régulièrement depuis plusieurs années, près de la moitié des 18-75 ans déclare avoir des troubles du sommeil et une personne sur trois serait concernée par l’insomnie. Le sujet est donc devenu un enjeu de santé publique, et une source de préoccupation personnelle et collective. Mesuré, soumis à des injonctions contradictoires (car le culte de la performance peut conduire à rogner sur le temps qu’on lui consacre), médicalisé, etc., le sommeil devient un objet d’étude et une source de revenu pour de plus en plus d’acteurs économiques. C’est à cette tendance à la marchandisation du sommeil que s’intéresse ici Camille Perez. Elle montre comment se manifeste cette marchandisation croissante, pointe les enjeux socio-économiques qui l’accompagnent, et présente diverses perspectives et risques qui pourraient en découler pour nos sociétés.

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