Dans un monde de plus en plus instable et incertain, en proie à de multiples tensions économiques, diplomatiques, écologiques, sociales, la propension des États et des organisations, publiques comme privées, à faire preuve de philanthropie pourrait ralentir assez fortement. Et les investissements dans des actions philanthropiques risquent d’être de plus en plus questionnés quant à leur utilité réelle et leur bien-fondé. Dans ce contexte, le mouvement dit de l’altruisme efficace, apparu il y a une quinzaine d’années et dont la philosophie vise à maximiser l’impact positif des actions altruistes avec les ressources disponibles, pourrait faire son chemin au sein des sphères décisionnelles.
Encore peu connu mais disposant d’une audience croissante dans divers milieux (notamment celui de la Tech), l’altruisme efficace, écrit Antonin Broi, « a acquis dans certains espaces une capacité réelle à orienter des financements, structurer les priorités et influencer des agendas de recherche ». Qui plus est, il s’engage désormais sur des enjeux de gouvernance technologique, avec en ligne de mire la prévention des risques de catastrophes planétaires qui pourraient découler d’une utilisation insuffisamment encadrée de l’intelligence artificielle (IA).
Pour bien comprendre ce mouvement et les controverses qu’il suscite, en particulier aux États-Unis, cet article rappelle quand et comment il est apparu, ainsi que la manière dont il priorise les domaines d’action susceptibles d’avoir l’impact le plus positif pour l’humanité. Enfin, il propose un coup de projecteur sur les questions de gouvernance technologique (dont l’appel à une pause dans les progrès de l’IA) qui alimentent la polémique autour de cet écosystème très hétérogène.


