La Chine est passée, en une quarantaine d’années, du statut de pays parmi les plus pauvres de la planète (3 % de la richesse mondiale en 1978, alors qu’elle comptait pour presque un quart de la population) à celui d’économie mondiale dominante (plus de 18 % de la richesse en parité de pouvoir d’achat en 2020). Avec une croissance économique annuelle moyenne d’environ 10 % sur cette période, son ascension a pu être qualifiée de « miracle » et continue à faire beaucoup d’envieux. Comme le rappelle ici Pierre Papon, la modernisation de la Chine et cette ascension doivent beaucoup à son investissement dans la science et la technologie.
À titre d’exemple, le monde entier a pu constater, début 2026, les progrès spectaculaires des Chinois en matière de robotique humanoïde au travers de spectacles de danse acrobatique ou de marathons courus par des robots. Et l’industrie chinoise domine de plus en plus de secteurs de pointe (énergies renouvelables, véhicule électrique, intelligence artificielle, etc.). Cet article revient sur la manière dont le pouvoir chinois a engagé la modernisation du pays dans le domaine de la science et de la technologie, grâce à la planification et à un effort financier croissant dans la recherche. En quelques décennies, la Chine est devenue la première puissance scientifique mondiale et un pays leader de l’innovation dans la plupart des secteurs stratégiques de l’économie internationale. Le dernier plan quinquennal (2026-2030) présenté par Pékin confirme sa volonté de poursuivre sur cette voie, voire d’accélérer, et d’exporter son modèle. Un signal fort que les Européens doivent prendre en compte dans le pilotage de leur propre politique de recherche et de relance industrielle.



