Quelques jours après le déclenchement des opérations de guerre israélo-américaines en Iran, le président français s’est rendu sur la base opérationnelle de l’île Longue, en Bretagne, où il a prononcé, le lundi 2 mars 2026, un discours consacré à la dissuasion nucléaire de la France. Parmi les annonces les plus relayées, figure celle de la « dissuasion avancée », par laquelle la France offre notamment la possibilité à ses alliés européens de « participer aux exercices de la dissuasion nucléaire française » ; mais figure également celle d’un renforcement de l’arsenal français par l’augmentation du nombre de têtes nucléaires.
Manifestement, il n’est plus question, dans la doctrine, de la « stricte suffisance », critère sur lequel reposait le dimensionnement de l’arsenal nucléaire français depuis des décennies. Cela signifie-t-il que le pays se relance dans la course aux armements ? Si oui, est-ce vraiment utile et pertinent à moyen-long terme ? N’y a-t-il pas d’autres options stratégiques à envisager ?
Benoît Pelopidas, professeur des universités à Sciences Po (CERI, Centre d’études et de recherches internationales), fondateur du programme d’étude des savoirs nucléaires, qui vient de publier l’article « Les futurs nucléaires, l’utopie et la stricte suffisance » dans la revue Futuribles n° 470 (janvier-février 2026), est venu débattre de ces questions nucléaires lors d’une table ronde organisée à Futuribles le mardi 17 mars 2026.



