La Fabrique de l’industrie publie régulièrement des notes relatives aux enjeux industriels. Une de ses publications du printemps 2025 livre un éclairage bienvenu sur les transformations en cours liées à l’économie circulaire. Les auteurs rappellent que le concept d’économie circulaire, popularisé dans les années 2010 par la fondation Ellen MacArthur, renvoie à une diversité de pratiques dont les origines peuvent remonter à plusieurs décennies.
Granier Caroline et alii, Industries circulaires. Esquisse d’une transformation, Paris : Presses des Mines / La Fabrique de l’industrie (Les Notes de la Fabrique), mai 2025, 136 p.
L’économie circulaire est définie par analogie avec une colline : dans l’économie linéaire, les processus d’extraction, de fabrication et d’assemblage représentent l’essentiel de la création de valeur, qui atteint un maximum après ces étapes, avant d’entamer un déclin rapide au fil de l’utilisation du produit, jusqu’à devenir un déchet. Plus la colline est haute, plus le produit est complexe et la création de valeur ajoutée élevée. Plus la pente est abrupte, plus ces phases de création et destruction de valeur sont rapides. L’économie circulaire vise à allonger la période de rétention de valeur par le produit, ainsi qu’à créer de nouvelles sources de valeur liées à un ensemble de services procurés sur l’ensemble du cycle de vie du produit. Dans ce modèle, la colline verrait son plateau élargi et sa pente aplanie, tout en conservant sa hauteur : l’objectif n’est pas de diminuer la création de valeur.
La « colline de la valeur » dans un modèle linéaire (haut) et dans un modèle circulaire (bas)
Source : Granier Caroline et alii, op. cit., p. 30 (à partir de Achterberg Elisa et alii, Master Circular Business with the Value Hill, Circle Economy & Sustainable Finance Lab, 2016).
L’originalité de cette étude est qu’elle s’appuie sur des entretiens réalisés avec 18 entreprises industrielles, de tailles et de secteurs d’activité variés. La moitié sont des entreprises « natives » de l’économie circulaire, l’autre moitié sont des entreprises en transition depuis un modèle linéaire. Les constats de cette étude sont ainsi illustrés de nombreux exemples, permettant de souligner la grande diversité des initiatives mises en place par ces industriels.
De l’amont à l’aval de la chaîne de valeur, la note distingue plusieurs activités de l’économie circulaire : l’éco-conception, le réemploi (qui s’applique à des biens n’étant pas des déchets, sans détourner leur usage initial : une porte reste une porte), la réutilisation (portant sur des déchets, dont l’usage initial peut être détourné : une porte transformée en table), le recyclage (utilisation de déchets dans un nouveau cycle de prod



