Revue

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Penser la guerre à l’ère de l’intelligence artificielle

Il y a un peu plus d’un an, la création de l’Agence ministérielle de l’intelligence artificielle de défense (AMIAD) était annoncée, en France, par Sébastien Lecornu, alors ministre des Armées, confirmant une tendance qui n’a, depuis, fait que s’accélérer : aggravation des tensions au sein d’un climat stratégique incertain et développements rapides des capacités de la dernière génération de systèmes d’intelligence artificielle (IA) proposés par les géants du secteur. Ce contexte impose aux armées françaises, mais aussi à la plupart des acteurs militaires internationaux, de réfléchir activement à la mise en œuvre et à l’usage de ces systèmes, dont l’étendue des capacités, des limites et de leur marge de progression n’est pas toujours évidente à cerner. Comme le montre Baptiste Alloui-Cros dans cette analyse, il ne faut pas ici se limiter aux systèmes d’armes autonomes et autres emplois tactiques de l’IA, mais inclure l’application de l’IA aux niveaux opérationnels et stratégiques également. Cette analyse vise donc à dresser un panorama de quelques usages actuels et potentiels majeurs de l’IA dans la défense, en s’appuyant sur trois grandes dimensions d’application : l’emploi tactique et cinétique des systèmes autonomes (ou partiellement autonomes), le développement d’outils d’aide à la décision pour les états-majors au niveau opérationnel, et la conception de dispositifs d’analyse comportementale des acteurs du conflit au niveau stratégique.

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