Revue

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Le marché du café, entre crises conjoncturelles et recompositions profondes

Derrière une succession d’événements déstabilisateurs qui ont fait s’envoler les cours, le marché du café semble connaître un rééquilibrage majeur au profit des producteurs. Cette note propose un décryptage des évolutions d’un marché où la conjoncture interagit avec des tendances de fond.

Il existait un dicton général sur le marché du café : « Le cours ne reste jamais un an au-dessus de 200 cents de dollar US et jamais plus de six mois au-dessus de 300. » Ce dicton appartient dorénavant au passé : la dernière fois que le sac de café vert se négociait moins de 200 cents de dollar, c’était en mai 2024. Lorsqu’au mois de juillet, les torréfacteurs se réjouissaient d’un reflux des prix, ce cours est à peine redescendu sous les 300 cents. Ils se fournissent aujourd’hui en café vert à un prix presque trois fois supérieur à ce qu’il était début 2020.

C’est une « tempête parfaite » sur le marché que décrit Edgar Meauxsoone [1], directeur digitalisation et projets des Cafés Méo, entreprise créée il y a 97 ans dont il est appelé à prendre la tête ; une tempête amenée à redessiner pour longtemps le paysage d’une graine star du petit déjeuner et des rendez-vous en tout genre. Elle témoigne de la manière dont des chocs conjoncturels peuvent entrer en écho avec une tendance de fond sur un marché de matière première.

De la Covid aux droits de douane

Le grand chamboulement a débuté avec la crise liée au coronavirus, en 2020, mais pas du fait des mesures sanitaires. Celles-ci n’ont pas bousculé les ventes : chacun a pu sans difficulté continuer à consommer son café pendant la crise. Ce sont surtout des difficultés logistiques qui se sont fait ressentir à moyen terme. On a longtemps manqué de containers vides aux bons endroits pour faire circuler les graines des pays cultivateurs vers les pays torréfacteurs et consommateurs. Beaucoup de trajets n’étaient plus effectués, ou bientôt effectués selon de nouvelles routes en raison du conflit en Palestine qui a entraîné une quasi-fermeture de la mer Rouge.

À cela se sont ajoutées de mauvaises récoltes chez les plus gros producteurs. L‘année 2024 a été marquée