Revue

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Le déclin de l’attention est-il irréversible ?

Entre 2000 et 2015, notre capacité d’attention serait passée de 12 à 8 secondes, d’après l’étude Attention Spans réalisée par Microsoft. Cette durée d’attention est comparable à celle d’un poisson rouge, comme l’explique le journaliste Bruno Patino dans son traité intitulé La Civilisation du poisson rouge [1]. « Nous sommes devenus des poissons rouges, enfermés dans le bocal de nos écrans, soumis au manège de nos alertes et de nos messages instantanés. »

Le constat paraît brutal et extrême (il a d’ailleurs, depuis, fait l’objet de critiques), mais il a le mérite d’interpeller sur le déclin de notre capacité d’attention, en lien direct avec l’explosion du temps passé sur les écrans. Deux phénomènes sont à l’œuvre.

• Premièrement, face à la multiplication des appareils connectés, des contenus et des stimuli, le cerveau s’organise pour traiter le maximum d’informations. Il tente de maximiser les gains, en papillonnant tout en s’épuisant. « Ce qui compte, ce n’est plus de ne manquer de rien, mais de ne rien manquer », écrit le chercheur Jean-Philippe Lachaux dans La Magie de la concentration [2].

La pratique du scroll infini active un « circuit de la récompense » basé sur la surenchère de plaisir provoquant la libération de dopamine par les neurones. Dans ce système, les contenus longs sont bien souvent perçus com