Premier exportateur mondial, la Chine a construit sa stratégie internationale sur le long terme. Les premières réformes lancées à la fin des années 1970, introduisant des éléments de marché dans l’économie, se sont appuyées sur l’ouverture internationale. Grâce à la présence d’entreprises étrangères et à l’exploitation de son avantage comparatif, la Chine est devenue l’atelier du monde. Elle importe des biens intermédiaires (surtout d’Asie), qu’elle transforme et exporte (en Europe et aux États-Unis). Le coût est élevé en termes d’emplois pour certains de ses partenaires commerciaux, mais le « choc chinois » des années 2000 (après l’adhésion de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce [OMC] en 2001) s’accompagne d’une ouverture de son grand marché intérieur aux firmes multinationales, et d’une baisse des coûts de production et de consommation pour un grand nombre de pays.
La Chine redéfinit ainsi la géographie mondiale de la production en s’appuyant sur l’ordre existant. Les conflits existent, mais de façon ponctuelle, et le gouvernement chinois suit encore les prescriptions de Deng Xiaoping d’adopter un profil modeste. Mais dès 2007 et la crise financière, la Chine veut s’affirmer ouvertement comme un acteur majeur du commerce international, ainsi que de l’innovation et de la gouvernance mondiale. Cette évolution se manifeste par une forte montée en gamme de son commerce de produits manufacturés et donc un accroissement de la concurrence exercée sur les produits occidentaux. Ce phénomène résulte dans un premier temps de la montée en gamme des intrants importés puis, dans un second temps, de l’amélioration de la technolog



