La combinaison de fortes chaleurs et de taux d’humidité élevés peut s’avérer dangereuse voire mortelle, car elle bloque l’évaporation de la transpiration, empêchant le corps de réguler sa température. Au-delà d’un certain seuil (historiquement considéré comme étant 35 °C à 100 % d’humidité), il est physiologiquement impossible pour un être humain, même en bonne santé, de survivre plus de quelques heures.
Cet aléa a longtemps été minimisé, pour au moins deux raisons : on a sous-estimé à la fois les effets sur la santé humaine, et la probabilité de dépassement des seuils dangereux. Néanmoins, pour mieux comprendre ce phénomène complexe, il est avant tout nécessaire de s’arrêter sur ses définitions et indicateurs, multiples.
Comment mesurer la chaleur humide ?
La première approche est la température au thermomètre mouillé (wet bulb, ou Tw). Il s’agit d’une mesure réalisée à partir d’un psychromètre (photo ci-dessous) qui permet, dans des conditions de température sèche (T), d’humidité relative (HR), de pression atmosphérique, de rayonnement solaire et de ventilation données, d’estimer la température à laquelle l’air ne pourrait pas contenir plus d’humidité sous forme de vapeur d’eau (ce qui correspond à une humidité relative de 100 %).
Psychromètre avec un thermomètre sec (à gauche) et un thermomètre mouillé (à droite)
© Crossmr, Wikimedia Commons.
À basse température, cette situation de saturation de l’air crée des gouttelettes d’eau (brume, brouillard, précipitations), mais est inoffensive pour les êtres vivants. En revanche, en augmentant la température, elle devient inconfortable (sensation que l’air est « lourd »), étouffante, dangereuse pour la santé, voire létale : l’évapotranspiration devient difficile, voire impossible, ce qui, au-delà d’un certain seuil, compromet la survie des êtres vivants. La température au thermomètre mouillé permet de matérialiser ce risque y compris dans des situations où le taux d’humidité relative est inférieur à 100 %. La capacité de l’air à retenir l’humidité diminuant avec sa température, une même quantité d’humidité dans l’air donne un taux d’humidité relative plus élevé à une température plus faible.
Il est possible d’estimer la Tw par calcul, notamment avec l’équation de Stull, en faisant abstraction des autres facteurs (vent, exposition au soleil…). Ainsi, pour T = 30



