Depuis quelques années, le secteur spatial a été transformé par l’arrivée d’acteurs du secteur privé, et en particulier du numérique, décidés à investir dans l’espace afin notamment de le rendre accessible à un plus large public. Ce mouvement visant au développement d’un secteur spatial privé s’est donné pour nom le NewSpace [1].
Google (désormais Alphabet) a largement participé à ce mouvement : en 2014, l’entreprise a acquis la start-up Titan Aerospace, fabricant de drones solaires afin de connecter au Web les personnes qui en sont encore exclues. C’est aussi l’objectif du projet Loon qui a pour but de développer les accès à Internet grâce à des ballons gonflés à l’hélium. En 2014, Google a également racheté le fabricant de satellites Skybox (aujourd’hui Terra Bella) afin de fournir aux internautes une capacité d’observation de la Terre quasi instantanée [2].
Il semblerait toutefois que Google change de cap dans sa stratégie. En effet, en janvier 2017, le groupe a abandonné son projet de drones capables de fournir une connexion Internet haut débit. Fin 2016, Google a également suspendu les projets d’extension de son réseau de fibre optique Fiber [3]. Et la division d’imagerie par satellite du groupe Terra Bella est en vente.
Pour essayer de comprendre la stratégie de Google et ses conséquences économiques, notamment dans le domaine spatial, Futuribles a posé trois questions à Alain Dupas, spécialiste des politiques des technologies et des programmes aérospatiaux, chercheur associé au Space Policy Institute de la George Washington University, ainsi que conseiller aérospatial de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).



