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Santé mentale : les jeunes en crise

jeune femme déprimée devant son ordinateur
En avril 2022, le CDC américain (Centers for Disease Control and Prevention) relevait une forte dégradation de la santé mentale des adolescents américains. Au sein de cette population, le pourcentage de ceux déclarant ressentir des sentiments persistants de tristesse et de désespoir serait, en effet, passé de 26 % à 44 % entre 2009 et 2021. Le sondage, conduit auprès de 8 000 lycéens au premier semestre de l’année 2021, relève de grandes disparités entre garçons et filles, ces dernières étant deux fois plus concernées par des pensées suicidaires.

De même, près de la moitié des jeunes LGBTQ [1] ont pensé au suicide pendant la pandémie, contre 14 % de leurs pairs hétérosexuels. Malgré ces variations, le tableau global est peu reluisant. L’état psychologique de tous les jeunes se dégrade à l’échelle nationale et dans toutes les catégories. Cette tendance, amorcée depuis les années 2010, s’est nettement accélérée ces dernières années.

Ce phénomène n’est malheureusement pas spécifique aux États-Unis. Nous le relevions déjà dans une note en janvier 2021. Dans son dernier bulletin sanitaire, publié le 14 février 2023, Santé publique France identifie une nette augmentation des épisodes dépressifs caractérisés (EDC) dans la population générale, toutes classes d’âge confondues, et particulièrement chez les femmes et chez les jeunes au cours des dernières années. Sur plus de 24 000 pers