Tout au long des 270 pages d’un ouvrage particulièrement documenté qui affirme son ambition de bousculer les idées reçues sur la question migratoire, Najat Vallaud-Belkacem et Benjamin Michallet vont utiliser toutes les données sociales et statistiques à leur portée — dans la limite de leur accessibilité — afin d’en objectiver la réalité. Et c’est bien pour tenter de neutraliser le décalage abyssal entre ressenti et réalité que va se construire, chapitre après chapitre, un cheminement rhétorique destiné à permettre au lecteur de s’affranchir de l’effet dévastateur des images souvent trompeuses que médias et discours politiques nous infligent à longueur d’antenne et de déclarations péremptoires.
Exercice pourtant difficile que ce cheminement car, contrairement à ce qui se pratique dans d’autres pays, il n’existe en France que peu d’études fondées sur des données nationales rigoureuses et publiées dans des revues scientifiques. Quelle en serait la raison ? De multiples hypothèses sont évoquées dans les neuf chapitres de ce passionnant travail, hypothèses parmi lesquelles est pointé le déni du ministère français de l’Intérieur qui, par son embarras face aux données ouvertes et aux sciences sociales, s’opposerait à les rendre publiques.
La première étape de ce cheminement entend mettre fin à la confusion sémantique qui règne — et qui est parfois sa



