« Un algorithme est une méthode exécutable mécaniquement, qui permet d’atteindre un but en un nombre fini d’étapes distinctes » (p. 29). Aujourd’hui, les algorithmes servent d’ossature à tout un monde numérique. Leur nature interfacée fait qu’ils « ne se déclarent pas franchement et restent en partie cachés et incompréhensibles » (p. 13) : en un mot, « sournois ». C’est par ce constat que Luc de Brabandere, ingénieur et philosophe, introduit son ouvrage Petite Philosophie des algorithmes sournois. Il propose en quelques dizaines de pages un éclairage philosophique aux grandes questions soulevées par l’usage exponentiel d’algorithmes au sein de nos sociétés.
Avant toute chose, les algorithmes sont des outils qui servent des intérêts variés et souvent flous. Les moteurs de recherche, par exemple, sous-couvert d’un service rendu à ceux qui les utilisent, permettent un profit économique. En croisant les données de navigation des utilisateurs, ils rendent possible la création de profils types de consommateurs ou d’électeurs. Ces portraits sont ensuite vendus au plus offrant pour la diffusion de publicités ciblées ou de propagande politique conçues sur mesure pour influencer leurs comportements.
La nature construite des algorithmes les rend par essence biaisés : ils prennent racine dans l’imaginaire d’individus façonnés par les sociétés dans lesquels ils évoluent. Les résultats qu



