« Les hommes politiques américains échouent à trouver un accord viable pour refaire fonctionner normalement leurs institutions politiques dont ils sont si fiers. Voici donc venu le moment, pour une planète ébahie, de commencer à envisager la construction d’un monde désaméricanisé. » Ce commentaire de l’agence officielle d’information Chine Nouvelle, le 13 octobre 2013, exprime bien la position actuelle de la Chine. Elle n’est pas nouvelle. Déjà, en mars 2009, le gouverneur de la Banque centrale, Zhou Xiaochuan avait déclaré : « Le dollar [US], monnaie de réserve, permet aux États-Unis d’emprunter à bon marché. C’est l’origine des déséquilibres mondiaux. » Il poursuivait en souhaitant le remplacement du dollar US par les droits de tirage spéciaux (DTS) [1] du FMI massivement augmentés, comme monnaie de réserve. Les États-Unis, pour ne pas perdre leur privilège, s’y sont opposés.
La défiance de la Chine envers les États-Unis ne cesse de croître parce qu’elle détient aujourd’hui 1 280 milliards de dollars US de bons du Trésor américain et craint leur dépréciation. La crise financière mondiale en 2008, dont les États-Unis sont à l’origine, et le « quantitative easing [2] » de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui injecte 85 milliards de dollars US de liquidités, chaque mois, dans l’économie mondiale, transforment cette défiance en franche hostilité.
[1] Actif de réserve international créé en 1969 par le FMI (Fonds monétaire international) pour compléter les réserves de change officielles de ses pays membres. Pour plus de détail, voir http://www.imf.org/external/np/exr/facts/fre/sdrf.htm
[2] Assouplissement quantitatif, en français : politique monétaire de type non conventionnel auquel peuvent avoir recours les banques centrales dans des circonstances économiques exceptionnelles.



