Revue

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La nature, réservoir infini d’idées insoupçonnées ?

« Le biomimétisme n’est ni une science ni une discipline, mais un état d’esprit que l’on applique dans la recherche, consistant à profiter des 3,8 milliards d’années de R&D d’avance de Dame Nature », définit Gilles Boeuf, ex-président du Muséum national d’histoire naturelle [1]. Laboratoires et entreprises s’inspirent de plus en plus du vivant et tirent parti des solutions et substances qu’il a concoctées – plutôt efficaces, économes en énergie et en ressources – pour résoudre des problématiques industrielles, environnementales, de santé ou urbaines… Un bon sens qui n’a pas toujours été appliqué, les hommes ayant préféré jouer aux apprentis sorciers.

« La nature allume des lumières dans nos esprits à condition d’enfin repérer les propriétés remarquables », assure Maria Fabra-Puchol, responsable R&D d’Isover chez Saint-Gobain [2]. Sa quête de l’habitat durable l’a amenée à s’intéresser aux feuilles de lotus, dont l’hydrophobie a inspiré la vitre autonettoyante. Pourquoi ce retour aux sources ? Parce que les chercheurs ont désormais les moyens d’observer au plus près les caractéristiques singulières, grâce au saut technologique des nanosciences. De plus, « les nouvelles contraintes environnementales dues aux pénuries et à la pollution, économiques ou réglementaires qui se rajoutent avec le temps pour tout porteur de projet, reproduisent de plus en plus celles de la sélection naturelle », remarque Kalina Raskin [3], directrice générale du Ceebios, pôle de recherche à Senlis qui fédère laboratoires, industriels et start-ups autour de cette approche. « Nous y avons nou...