Nos modes de vie ont été souvent transformés, au cours de l’Histoire, par des inventions de plus en plus complexes qui furent de véritables ruptures mais qui, souvent, n’ont pas tenu leurs promesses. Vaclav Smil, professeur émérite à l’université du Manitoba au Canada et historien réputé de l’énergie, consacre ce nouveau livre à la longue émergence des inventions et des innovations, avec leurs succès et leurs échecs.
Dans son premier chapitre, l’auteur rappelle que si les concepts d’invention et d’innovation se recoupent, une innovation est un processus complexe d’acceptation d’une invention par la société. Il consacre son deuxième chapitre à des innovations qui « initialement bien accueillies ont été finalement rejetées ». La première est un additif pour l’essence, le plomb tétraéthyle, mis au point pour les automobiles au début du XXe siècle ; les moteurs qui l’utilisaient émettaient un bruit de cliquetis car l’allumage trop rapide de l’essence produisait des ondes de choc dans le cylindre qui endommageaient le piston. Après des essais de carburants riches en octane ou mélangés avec l’éthanol, General Motors découvrit, en 1921, qu’en ajoutant 1 % de plomb tétraéthyle à l’essence, le bruit disparaissait et la puissance des moteurs augmentait. Ce carburant fut adopté mais les toxicologues constatèrent, en 1970, aux États-Unis, que la forte élévation de la concentration de plomb dans l’atmosphère affectait la santé, il fut alors progressivement interdit dans tous les pays.




