En janvier 2024, la Commission européenne a publié un rapport prospectif sur les Big Tech en Europe et, de ce fait, elle interroge les politiques européennes en matière de technologies industrielles de pointe. On parle ici des entreprises qui dominent l’économie mondiale, sans cibler explicitement le secteur des technologies d’information, même si les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) y figurent en première place et si tous ces géants (y compris Tesla ou Nvidia) recourent massivement aux « technologies d’élite », terme qui englobe le numérique.
Mendonça Sandro et alii, Futures of Big Tech in Europe: Scenarios and Policy Implications, Commission européenne (Direction générale de la recherche et de l’innovation) / Foresight, janvier 2024, 81 p.
Le constat est sans appel : 60 % des plus grandes entreprises du monde sont basées aux États-Unis, 19 % en Europe et le reste en Asie. Cinq des six compagnies dont la capitalisation boursière dépasse les 2 000 milliards de dollars US sont aux États-Unis. Quant au top 100 des plus importantes, les premières places y sont occupées par des sociétés américaines et asiatiques, et on n’y compte que 11 groupes européens dont les premiers sont ASML (Pays-Bas), Hermès (France) et SAP (Allemagne) respectivement en 13e, 16e et 22e position ; quant à Schneider Electric, le champion français, il est relégué à la 35e place.
Or, ces entreprises jouent un rôle essentiel. Elles disposent de ressources considérables et bénéficient d’un leadership informationnel. Ainsi les cinq plus grandes ont investi, en r



