Les négociateurs du futur traité climatique travaillent avec l’objectif de tenter de limiter à 2 °C le réchauffement climatique. Ceci suppose implicitement de diminuer drastiquement les émissions de gaz carbonique dans l’atmosphère au cours des prochaines décennies, celles-ci résultant de l’usage effréné des combustibles fossiles.

Les experts du GIEC ont présenté de façon simple le défi énergétique auquel la planète doit faire face : les émissions cumulées de CO2 dans l’atmosphère, entre 2011 et 2050, devraient être comprises dans une fourchette de 870 à 1 240 gigatonnes pour que nous ayons une chance « raisonnable » de limiter à 2 °C l’augmentation de la température moyenne de l’atmosphère entre le début de l’âge industriel et la fin du siècle. Or, les ressources de carbone fossile (pétrole, gaz, charbon et lignite) dont nous disposons encore sont équivalentes (après combustion) à 11 000 Gt de CO2. Ceci signifie que nous ne devrions exploiter qu’environ le dixième de cette ressource si nous voulons préserver le climat de la planète et donc mettre en œuvre des politiques ambitieuses pour diminuer la consommation d’énergies carbonées.
La limitation de l’utilisation des ressources fossiles est d’autant plus difficile à mettre en pratique que leur répartition géographique est très inégale à l’échelle mondiale. Une équipe de chercheurs de l’University College à Londres a tenté d’évaluer la distribution géographique des ressources existantes qu’il faudrait laisser inexploitées pour limiter à environ 1 100 Gt les émissions de CO2



