Au forum de Davos en janvier 2023, Mohammed Al-Jadaan, ministre des Finances de l’Arabie Saoudite, a fait une déclaration très remarquée sur l’ouverture de la vente du pétrole saoudien dans d’autres monnaies que le dollar US. Cette annonce rompt le pacte avec l’allié américain historique du pays car, depuis 1974, en échange d’une protection militaire et politique des États-Unis, les Saoudiens ont lié leur monnaie, le riyal, au dollar US, acceptant qu’il soit l’unique monnaie de vente de leur pétrole. Les autres pays pétroliers ont suivi et utilisent également le dollar US pour leurs transactions.
En 2000, seuls deux pays tentaient de s’échapper du pétrodollar [1] : le Venezuela et l’Irak. Le Venezuela d’Hugo Chavez avait instauré un système d’échange de pétrole contre des produits et services avec d’autres pays d’Amérique centrale. L’Irak de Saddam Hussein, alors sous le coup de la régulation des échanges par le Comité de sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies, avait demandé à ce comité (qui avait été accepté) que ses exportations de pétrole puissent être payées en euros. Il en fut ainsi jusqu’à l’i



