Coloniser l’espace : projet d’avenir, science-fiction, ou utopie ? Jacques Arnould, expert pour les questions d’éthique au Centre national d’études spatiales (CNES), ouvre dans ce livre le dossier de la « colonisation » de l’espace, un véritable défi pour l’humanité, et l’objet de nombreux débats.
Depuis que le premier vol spatial, en 1961, d’un cosmonaute, Youri Gagarine, à bord du satellite soviétique Vostok, et la première expédition sur la Lune, en 1969, des astronautes américains Edwin Aldrin et Neil Armstrong, de la mission Apollo 11, l’exploration de l’espace est devenue un enjeu considérable aux multiples objectifs dont Jacques Arnould rappelle l’histoire dans le premier chapitre de son livre. L’espace est à la fois un immense domaine physique, voire cartographique, et une « entreprise » avec des activités scientifiques, techniques et économiques, et aujourd’hui stratégiques. La frontière officielle de l’espace se situerait à environ 100 kilomètres au-dessus du niveau de la mer, la Station spatiale internationale (ISS) étant à 400 kilomètres d’altitude. La sonde Voyager 1, lancée en 1977, est l’objet terrien le plus éloigné de notre planète, à 24 milliards de kilomètres.
Au plan juridique, un traité, signé en 1967, a posé le principe de non-appropriation par les États des corps célestes dont la Lune. Les astronomes Copernic, Galilée et Kepler, en adoptant la thèse de l’héliocentrisme, considéraient que la Terre était une planète com



