Ce rapport dont l’autrice, Stéphanie Balme, est professeure à Sciences Po et directrice du CERI (Centre d’études et de recherches internationales), est publié dans un contexte de fortes tensions internationales. Celle-ci constate un recul drastique de la liberté académique dans de nombreux pays : un sujet controversé dans le monde académique et l’espace public, et un phénomène inquiétant. L’étude a été réalisée à la demande de France Universités et comporte quatre parties. Les deux premières rappellent les origines historiques multiples du concept de liberté académique, en particulier en France. Dans la troisième partie, l’autrice fait le constat du recul général de la liberté académique dans le monde. La quatrième est consacrée à des propositions de réformes, en France, afin de la défendre.
Balme Stéphanie, Défendre et promouvoir la liberté académique. Un enjeu mondial, une urgence pour la France et l’Europe. Constats et 65 propositions d’action, étude pour France Universités, octobre 2025, 204 p.
Stéphanie Balme rappelle que l’Université moderne s’est formée tardivement en Europe. L’Université médiévale fut créée par l’Église (notamment La Sorbonne, à Paris, au XIIIe siècle) [1]. L’Université napoléonienne fut un conglomérat de facultés autonomes, certaines à vocation professionnelle. À la fin de la monarchie, plusieurs grandes écoles avaient été créées, avec la mission de former des ingénieurs pour les corps de l’État (Mines, Ponts et chaussées, Génie militaire, ancêtre de Polytechnique). Mais c’est en Allemagne, au début du XIXe siècle que fut créée la véritable Université moderne, à l’instar de celle de Berlin, fondée en 1809 par Wilhelm von Humboldt. Ses statuts lui confiaient la mission de faire de la recherche et reconnaissaient le principe de la liberté académique. Ce dernier fut inscrit dans toutes les universités allemandes et dans la Constitution de la république de Weimar en 1919 (le régime nazi n’en a tenu auc



