En juin 2020, le think-tank ASPI (Australian Strategic Policy Institute) a publié un long rapport sur la politique de collecte de données ADN du gouvernement chinois. Si l’on manque encore d’informations précises sur les finalités et les réussites effectives de ce projet, il apparaît s’inscrire dans la politique de surveillance de masse conduite par l’État chinois, dont le système de crédit social (SCS) fait souvent figure de proue.
Entamé en 2013 mais d’abord ciblé sur les minorités ethniques tibétaines et ouïghoures, le programme génomique a progressivement été étendu à l’ensemble de la population à partir de 2017. Il suffirait, en effet, de prélever l’ADN de 10 % de la population masculine, grâce au chromosome mâle Y, stable de génération en génération, pour retracer les liens de parenté. Ce procédé permet de relier un échantillon, même non recensé, à une famille, voire à un individu, grâce à des arbres généalogiques multigénérat



