En application du principe « les leçons du passé aident à se projeter dans l’avenir », le dernier livre de l’historien britannique Peter Frankopan pourrait bien devenir un ouvrage de référence pour les explorateurs du futur. Car l’ambition assumée de l’auteur, professeur à Cambridge et auréolé d’une renommée mondiale depuis son ouvrage sur les routes de la soie [1], n’est rien de moins que de « réécrire » l’Histoire à l’aune des phénomènes climatiques et de leurs conséquences en chaîne.
Sa démarche se situe en fait au point de rencontre de trois courants académiques qui sont venus récemment renouveler les approches de l’Histoire : la géohistoire (initiée par Fernand Braudel), l’histoire climatique et environnementale (dont l’un des pionniers fut Emmanuel Le Roy Ladurie) et l’histoire dite « globale ». Cette dernière approche cherche à la fois à affranchir les récits historiques de leur « eurocentrisme originel » et à �



