Triplement perdant. Ainsi pourrait-on juger rapidement le jeu en apparence contre-productif auquel se sont livrés Russes et Saoudiens pendant plus d’un mois en favorisant la chute rapide du prix du pétrole, au détriment des Américains et de tous les producteurs mondiaux d’hydrocarbures. Il y a donc lieu de questionner les motivations de ces acteurs, et plus particulièrement celles de la Russie à l’égard des États-Unis.
Le 6 mars 2020, la Russie rejette l’idée, formulée la veille par ses partenaires de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) [1], de réduire de nouveau leur production pour s’adapter à la baisse de la demande mondiale de pétrole corrélée au ralentissement du commerce international. L’annonce russe entraîne une baisse instantanée de 10 % des contrats à terme sur le pétrole brut [2], à 41,28 dollars US (USD) par baril. Le 8 mars, contre toute attente, l’Arabie Saoudite rompt avec la position qu’elle défendait quelques jours plus tôt au sein de l’OPEP, en levant toutes les limitations de tarif et de quantité sur ses propres exportations de pétrole. Cette annonce aggrave la chute des cours boursiers mondiaux, titres pétroliers en tête, et du prix du baril. Ce dernier descend ainsi au tiers de sa valeur du début de l’année : 20,48 USD. Comment en est-on arrivé là ?
Aux sources du choc pétrolier de mars 2020
Le 1er janvier 2020 le baril de pétrole brut se négocie à 61,18 USD. Le ralentissement des échanges marchands causé par l’émergence en Chine de la maladie à coronavirus 2019 (Covid-19) lui fai


