Revue

Revue

Un passage à l’âge adulte ressenti plus tard, surtout chez les hommes

La perception des âges de la vie est une construction sociale mouvante, dépendant de facteurs culturels, économiques, démographiques (notamment l’espérance de vie), etc. L’entrée dans l’âge adulte est particulièrement emblématique, car elle correspond souvent à une série d’étapes clefs (quitter le domicile parental, finir sa scolarité ou ses études…) et à une modification du rapport individuel à la notion de responsabilité pouvant avoir un impact sur le statut juridique des personnes au sein d’une société donnée (obtenir le droit de vote, écoper de peines plus lourdes en cas de crime…), mais aussi sur les relations qu’elles entretiennent les unes avec les autres.

Or, au-delà des textes juridiques qui définissent souvent un âge de majorité, cette perception de l’âge d’entrée dans la phase adulte est structurellement liée au genre, comme le montrent les chiffres issus des European Social Surveys (ESS) : en 2018, les Européens de tous âges et sexes confondus estimaient que les femmes atteignent l’âge adulte en étant en moyenne deux ans plus jeunes que leurs homologues masculins. Cette différence est d’un peu plus d’un an en Islande, contre trois ans et trois mois en Espagne (par ailleurs l’un des rares pays où le passage à l’âge adulte a reculé pour les hommes mais avancé pour les femmes) [1].

Évolution de la perception de l’âge