Revue

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L’occasion, réponse durable à l’inflation et aux nouvelles préoccupations ?

L’achat / vente de produits d’occasion est une pratique étonnante : historiquement généralisée pour faire durer les objets et valoriser ceux de collection, elle est toujours fréquente pour certains biens (comme l’automobile) alors qu’elle a progressivement été délaissée pour d’autres (car considérée comme réservée aux pauvres). Pourtant, depuis une dizaine d’années, le recours à la seconde main est revenu massivement dans les pratiques : il concerne un nombre croissant de biens et de consommateurs. Selon la FEVAD (Fédération e-commerce et vente à distance) et l’institut Enov, en 2022, trois Français sur quatre ont acheté au moins un produit d’occasion (+ neuf points en un an). Parmi eux, 40 % des acheteurs effectuent au moins un achat par mois. Même si ces ordres de grandeur, déclaratifs, peuvent varier selon les sources, ils sont en nette augmentation depuis 10 ans, signe que le recours à l’occasion pourrait (re)devenir une pratique courante, et donc bouleverser les circuits industriels.

La seconde main se banalise et change d’échelle

Plusieurs données convergent pour indiquer que le recours à l’occasion se banalise et concerne désormais la plupart des postes de consommation. D’après les estimations du cabinet Enov, le marché français de la seconde main pesait en 2022 plus de sept milliards d’euros. Ce chiffre d’affaires recensé a presque été multiplié par trois en quatre ans, selon le baromètre du cabinet. Attention néanmoins, une partie de cette croissance s’explique par le fait qu’il devient plus facile de mesurer des transactions qui sont de plus en plus centralisées et formalisées via des plates-formes, alors qu’elles étaient historiquement très éclatées voire informelles (vide-greniers, Leboncoin…).

Au moins un tiers du marché est constitué par l’habillement, segment qui croît le plus vite, dans un secteur pourtant en décroissance. Toujours selon le cabinet Enov, la moitié des acheteurs d’occasion ont acheté au moins un vêtement en 2022, en hausse de 12 points sur un an. Selon le cabinet Roland Berger, la France représente à elle seul