D’emblée Daniel Andler nous livre son projet. L’intelligence humaine est une énigme, l’intelligence artificielle (IA) en est une autre, mais ni l’une ni l’autre ne sont des mystères et c’est ce qu’il s’attache à démontrer. Le lecteur en jugera, mais le mérite de la démarche est avant tout de faire œuvre de clarification pour désigner ce dont on parle, en identifier les racines et en décrypter les ramifications et leurs fruits. L’intelligence artificielle est une émergence qui se révèle comme l’une des révolutions technologiques les plus radicales de l’histoire humaine.
La première des deux parties de l’ouvrage offre un survol analytique de la genèse de l’IA, jusqu’à ses derniers développements. D’abord les mots. L’auteur propose d’adopter l’expression « intelligence artificielle » — un oxymore qui renvoie à des concept flous — comme un mot nouveau désignant une réalité tangible, comme nous le faisons dans le cas d’un pied-de-biche sans nous interroger sur le rapport avec le pied ou la biche. Et puis ce mot se décline à son tour pour désigner une IA stricto sensu limitée au domaine académique et professionnel, une IA tronquée qui correspond aux applications et algorithmes faisant appel au deep learning (apprentissage profond) et enfin une IA lato sensu qui englobe tous les apports des technologies numériques dans la réalisation de tâches quelconques. En ce sens, l’IA appara



