La cité-État de Singapour doit résoudre une équation difficile. Sur un territoire dont la superficie (71 000 hectares) est inférieure à celle de la ville de New York (78 400 hectares), elle recense aujourd’hui une population de 5,4 millions d’habitants, avec une densité moyenne de 7 422 habitants/km2, soit l’une des plus élevées au monde. Dans le Livre blanc sur la population publié en janvier 2013 [1], les autorités estiment que la population totale (résidents et non résidents) pourrait être comprise entre 5,8 et 6 millions d’habitants d’ici 2020, et entre 6,5 et 6,9 millions d’habitants d’ici 2030.
Pour échapper à l’exiguïté de son territoire, Singapour a d’abord regardé vers le haut et multiplié les gratte-ciel, une solution qui a trouvé ses limites dans un espace saturé et où les contraintes liées au fonctionnement des aéroports et bases aériennes font obstacle à de nouveaux projets plus ambitieux. Depuis 1960, la cité-État a également accru sa superficie de 20 % à travers une politique de remblais ou poldérisation qui a permis de gagner des terres sur la mer. L’île de Jurong, située au sud-ouest de l’île principale de Singapour, formée à l’origine de sept îlots, a ainsi été créée par remblayage. Mais la méthode doit désormais prendre en compte la montée du niveau de la mer due au réchauffement climatique. Du fait de son littoral très plat, Singapour est particulièrement vulnérable à une accélération de l’érosion côtière. En 2011, le gouvernement a relevé la hauteur minimale des digues de polders, qui doit dorénavant être s



