Le gaz naturel bénéficie d’un statut privilégié dans les scénarios énergétiques, dans la mesure où, d’une part, sa contribution à l’énergie primaire mondiale croît continûment depuis plusieurs décennies et où, d’autre part, il est, parmi les vecteurs énergétiques fossiles, celui dont l’utilisation a le plus faible impact climatique : il est constitué d’un mélange d’hydrocarbures dont le principal est le méthane, à calories produites égales, il dégage 60 % de moins de CO2 que le charbon et 30 % de moins que le fioul. En développant rapidement pendant la dernière décennie l’exploitation du gaz de schiste (une ressource dite non conventionnelle), les États-Unis ont bousculé les prévisions mondiales sur l’avenir de la production de gaz en changeant sensiblement la donne, si bien que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a évoqué la perspective d’un « âge d’or » du gaz. Toutefois, l’exploitation du gaz de schiste a provoqué un lever de boucliers dans certains pays, notamment en France. Il est utile de s’interroger sur l’avenir de ce vecteur énergétique au moment où s’engage en France un débat sur la transition énergétique.



