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Rapport final. Eau et architecture de la sécurité en Asie du Sud

Minorer les perceptions conflictuelles de la gestion de l’eau a été l’un des axes d’action des Organisations internationales depuis le premier forum mondial de l’eau de Marrakech en 1996. Si «créer du consensus» relève de la nature même de ce type d’institution, la mise en avant de la dimension coopérative du partage de l’eau entre États était-elle pour autant excessive ? Plusieurs éléments renforcent cette perception collaborative, et ont conduit à réduire la perspective de « guerres de l’eau » à une hypothèse improbable, soutenue par les médias et de rares cercles scientifiques. La coopération en matière de gestion des eaux transfrontalières peut-elle aller plus en avant en Asie du Sud ? Comment dès lors la susciter ? Au regard d’un mode de relations interétatiques essentiellement bilatéral dans cette aire géographique, la coopération relative à l’eau douce peut-elle donner corps aux initiatives d’intégration régionale, ce qui contribuerait dans le même temps à l’édification d’une architecture de sécurité régionale ? Existe-t-il un régime10 régional pour le partage des eaux (ou des régimes subrégionaux ou thématiques comme sur l’énergie) qui pourrait renforcer la stabilité de l’Asie du Sud ? L’eau est en premier lieu dans cette région une source de tensions internes (première partie). Les contraintes internes s’accroissent (évolution démographique, hausse des prélèvements agricoles) et pèsent de manière grandissante sur les positions de négociation bilatérale, à l’image des pressions des États fédérés indiens frontaliers sur le gou-vernement fédéral. Hormis les relations entre l’Inde et le Bhoutan, l’eau est à l’origine de litiges récurrents entre les États d’Asie du Sud. Des régulations, essentiellement bilatérales, se mettent en place par le recours à des instruments juridiques (deuxième partie). Ces développements soulignent les blocages actuels et les coopérations en cours, avec une dimension prospective. Plusieurs sources de rationalisation des enjeux liés à l’eau (économiques, scientifiques, juridiques) viennent concurrencer les approches politiques bilatérales. Moins qu’une érosion du bilatéralisme, ces processus tendent plutôt à son contournement, en tentant de dépolitiser, d’objectiver, la gestion des eaux transfrontalières (troisième partie).

#Asie #Ressources en eau