L’année 2008 signe une inflexion dans l’histoire de l’humanité. La population urbaine devient majoritaire. D’une certaine façon, l’humanité entre de plain-pied dans l’ère urbaine. Un être humain sur deux, soit environ 3,3 milliards de personnes, habite maintenant effectivement en ville. On n’en comptait qu’un sur dix au début du XXe siècle. En un mot, comme en cent, l’Homo sapiens devient Homo urbanus.
Ce mouvement d’urbanisation, plus ou moins prononcé selon les continents et selon les régions, est planétaire. Municipalités, régions, pays et organisations internationales sont confrontés à des défis d’ampleur. Comment accompagner ce développement ? Comment le maîtriser ? Comment absorber ces flux et aménager un cadre de vie agréable pour tous ? Comment préserver l’environnement et répondre aux attentes des habitants ? Comment les opérateurs vont-ils pouvoir concilier qualité de service accrue et considérable augmentation du nombre d’usagers ? Comment les pouvoirs publics vont-ils choisir et
adapter les priorités et les moyens ?
Les chantiers sont immenses, même si très inégalement répartis selon les villes. Ils relèvent de tout ce qui touche à la vie urbaine : urbanisme, aménagement, transports, sécurité, santé, organisation des services collectifs, logements. Avant d’imaginer techniquement les équipements et les infrastructures, il importe de s’intéresser aux évolutions et mutations démographiques à l’œuvre. Il importe également d’apprécier l’impact de ces évolutions, en cours et à venir, sur les modes de vie urbains. Car avec cette urbanisation accélérée, les façons de vivre la ville se transforment. Les besoins et les aspirations, aussi. Les attentes s’expriment et les demandes se renforcent pour davantage de performances économiques, sociales et environnementales. Plus de sécurité, d’hygiène, de facilités, de transports, d’agréments, de confort, de qualité de l’environnement, tout ceci pour un nombre toujours croissant d’habitants.



