Humaniste et féministe engagée, littéraire par nature et ingénieure mathématicienne par vocation professionnelle, Anna Choury est reconnue pour son aptitude à interroger avec une impertinence mêlée de résignation les rapports entre innovation et évolutions sociales. « Traumatisée, prise de nausées et de panique » à la lecture de 1984 [1] dans son enfance, elle ne se remettra jamais du destin réservé au personnage principal de ce monument de la littérature d’anticipation, Winston Smith. C’est ainsi qu’année après année elle va dévorer, nous dit-elle, toutes les dystopies existantes, « autant par masochisme que par volonté d’anticiper ce qui va lui arriver ».
Lorsque l’explosion du big data lui fera prendre conscience qu’un point de non-retour est en train d’être franchi, elle ne va plus jamais se défaire de l’idée que le monde de Big Brother est peu à peu devenu une réalité objective. Au point de se désespérer que « ni les révélations d’Edward Snowden sur la surveillance généralisée ni le scandale du Cambridge Analytica, où l’on a monitoré les réseaux sociaux pour faire de la propagande ciblée afin de favoriser le Brexit et faire pencher l’élec



