Le président Trump a fait de la science sa cible privilégiée, diminuant les budgets qui lui sont consacrés et contestant l’objectivité de ses méthodes. Il n’a pas hésité à affirmer, devant l’Assemblée générale des Nations unies, le 23 septembre 2025, que « le réchauffement climatique est la plus grande arnaque au monde », puis à décider, en 2026, le retrait des États-Unis de la convention des Nations unies sur le climat. Dans son discours sur l’état de l’Union au Congrès, en février 2026, il a déclaré à propos de l’Iran : « Nous devons être forts. C’est ce qu’on appelle la paix par la force. » Quelques jours plus tard, il menaçait l’Iran de le ramener à l’âge de pierre.
En brouillant la réalité, Donald Trump utilise la méthode et la langue officielle, la novlangue, du régime dictatorial Oceania dirigé par Big Brother dans le roman dystopique de George Orwell, 1984 [1]. Dans leur ouvrage, Olivier Berné, Emmanuelle Perez Tisserant et Tamara Ben Ari veulent montrer que la politique qu’il mène, notamment vis-à-vis de la science et des universités, en brouillant la réalité, nous transporte dans un « moment orwellien ».
La première des trois parties du livre explique sa stratégie pour s’attaquer à la science et déformer la réalité. Ainsi des mots comme genre, racisme, handicap, biais, inégalités, etc., sont bannis des projets de recherche car jugés discriminatoires. Cette stratégie fut mise en œuvre dans les années 1980 par Ronald Reagan, avec la politique économique libérale en application de la thèse de Milton Friedman selon laquelle la concurrence sur le marché favorisait un maximum d’efficacité, notamment dans la production du savoir et l’innovation. Selon les auteurs, ce nouveau modèle du savoir aurait inspiré, en Europe, la str



