Ce dernier numéro de 2025 était pour nous la dernière occasion de célébrer le cinquantenaire de la naissance de la revue Futuribles, lancée en 1975, à la toute fin des Trente Glorieuses, quelques années après la crise pétrolière de 1973, première d’une série d’autres crises dont on ne voit toujours pas la fin, sur le plan tant économique que géopolitique, écologique, social, etc. Dans ce contexte de crise naissante et de ferveur intellectuelle que rappelle, en ouverture de son article, Hugues de Jouvenel, fondateur et rédacteur en chef de Futuribles, l’intérêt pour la prospective rassemblait toute une communauté à travers les continents, qui avait à cœur de montrer l’intérêt, pour le bien commun, d’une pensée à long terme.
C’est dans ce contexte qu’a donc été lancée la revue, avec l’envie d’apporter à ses lecteurs les informations et analyses les plus solides pour comprendre le monde qui les entoure, et agir en conscience pour infléchir le cours des choses ou s’y préparer, en fonction de ce qui peut être anticipé. Sa vocation pluridisciplinaire et la traversée de cinq décennies marquées par de profondes transformations (technologiques, sociales, politiques, environnementales…) en font un objet éditorial sinon unique, du moins atypique, dont la rétrospective présentée dans cet article offre un aperçu.
Sans prétendre à l’exhaustivité (impossible au vu des plus de 2 500 articles publiés), Hugues de Jouvenel rappelle ici les conditions dans lesquelles Futuribles a vu le jour, les personnalités de tous horizons qui se sont associées à l’aventure, les objectifs qui l’animaient et l’animent encore — à commencer par donner un certain nombre de clefs pour agir plutôt que réagir. Il montre ainsi l’ampleur des sujets couverts, ces 50 dernières années, sur quelques thématiques phares (parmi bien d’autres) : environnement, ressources naturelles, écologie ; recherche, science et technologie ; population, société et modes de vie. La revue a-t-elle eu suffisamment d’écho ? A-t-elle pu freiner ou accélérer certaines évolutions ? Difficile à dire, mais ce qui est certain, c’est qu’en raison de la multiplication des crises (écologiques, sanitaires, économiques, sociales, géopolitiques…) et de leur caractère plus systémique que jamais, l’intérêt envers la prospective connaît un certain regain depuis quelques années. Une raison supplémentaire, s’il en fallait, de poursuivre cette aventure…



